Evolution du marché du prêt immobilier
Très marqué dans les autres pays d’Europe et notamment en Espagne, l’allongement des durées de prêts se poursuit en France. Les prêts de 15 à 20 ans, majoritaires jusqu’en 2001 ont laissé place aux prêts sur 25 ans qui représentent aujourd’hui 35 % des demandes.
Cette augmentation, due essentiellement à la baisse des taux d’intérêt permet notamment aux jeunes d’accéder plus facilement à la propriété.
Ainsi, plus de 8% des emprunteurs ont entre 20 et 25 ans et 25% ont entre 26 et 30 ans alors qu’ils ne représentaient que 10% en 2002.
Mais c’est une première cette année : alors que la durée maximale des prêts était fixée à 35 ans depuis octobre 2005, les emprunts immobiliers sur 50 ans font leur entrée sur le marché français.
Proposée par un courtier et une banque espagnole, cette introduction semble être la conséquence de la crise du logement et de la difficulté croissante qu’ont les ménages à accéder au logement, symbole de stabilité et de sécurité.
Si les banques présentent l’allongement de la durée de ces prêts comme une chance pour les acquéreurs parce qu’il permet d’augmenter le montant global de l’emprunt, l’accession à la propriété avec de tels prêts peut s’avérer dangereuse :
- le coût réel du crédit sur une telle durée semble se révéler prohibitif comparé au coût du loyer,
- la revente du bien avant l’échéance du prêt pourrait ne pas couvrir le capital restant dû en cas de retournement du marché immobilier,
- les taux d’intérêt étant révisables, une hausse de ces derniers est probable dans l’avenir, ce qui pourrait augmenter considérablement le coût du crédit.
Cet allongement des durées de prêts immobiliers est-il donc raisonnable ?